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RDC : Collectif 2016 et sa dangereuse glissade vers « la marchandisation du sort » de Rossy Mukendi

RDC : Collectif 2016 et sa dangereuse glissade vers « la marchandisation du sort » de Rossy Mukendi

L’audace du temps… il consume l’enthousiasme et siphonne la mémoire. Et parfois, détourne les idéaux…

L’activiste congolais Rossy Mukendi, abattu en 2018 par les forces de sécurité lors d’une manifestation anti-Kabila, totalisait un an dans l’au-delà, le 25 février dernier. Un an tout juste, et l’affreuse lutte des intérêts s’invite. Révélant au passage une douce et dangereuse glissade vers « la marchandisation du sort » du défunt activiste. Une série d’articles est lancée par www.4pouvoir.cd pour en porter plus de lumière et surtout, limiter les dommages.

Les éléments recueillis frisent l’indignation. Loin de l’idéal de la dignité du l’homme congolais cher à Rossy…

le 27 février, au cours du programme audiovisuel ”Kinshasa direct“ diffusé sur la télévision kinoise Télé 50, le présentateur tente évoquer Rossy Mukendi Tshimanga. Il est interrompu net par Guillaume Manjolo, auteur de l’ouvrage « La révolte métaphysique du jeune congolais“, son invité du jour : « cessez de faire le commerce de la mort ». Une tournure tranchante. Les faits se déroulent deux jours après la commémoration de la mort de Mukendi « Le vaillant ». Ce, fut un déclic.

Remontons. Deux jours plus tôt, le 25 février, Collectif 2016 accompagné de quelques autres mouvements citoyens tel que Filimbi, tenait une conférence de clôture des activités commémoratives d’un an du feu militant citoyen. Dans le discours fleuve de l’impulsif Arsène Lupin Tshimeze Tshimanga, frère biologique de Rossy et actuel coordonnateur du Collectif 2016(mouvement citoyen créé par Rossy Mukendi), les proches du feu activiste – du père à la mère passant par frères, sœurs, amis et enfants – étaient clairement mentionnés. Seule la veuve Rossy était omise. Étonnante omission.

Pour mieux comprendre, le 05 mars, enfin, un proche collaborateur de monsieur Arsène Tshimanga accepte de nous accorder un entretien dans lequel il évoque entre autres l’opacité de la gestion financière au Collectif 2016, le mécontentement de militants et aussi, la froideur des relations entre La famille Tshimanga et la veuve Rossy.

« Collectif 2016 ne peut vivre longtemps avec l’actuelle gestion. Les mécontents, qui y sont déjà nombreux, s’exprimeront certainement. Yanick(l’autre prénom d’Arsène Lupin Tshimeze Tshimanga, ndlr) va discréditer ce mouvement… Seul l’argent l’intéresse. Ces membres de Collectif 2016, ses principaux manifestants, font partie de mécontents. Ils triment pour manifester mais constatent que seul le quotidien du coordonnateur s’améliore… », maugrée-t-il.

De poursuivre, « la veuve de Rossy est écartée. Faites appelle à elle, donnez-la la parole et vous entendrez de choses… ».

Pourquoi, une veuve éplorée, serait-elle écartée ?

Une rumeur circulait autour du collecte de fonds organisé par Thania Lingosa – une congolaise vivant en Belgique – pour les funérailles du défunt Rossy : plus de 22.000 $ ont été réunis en 4 jours. Les racontars évoquaient l’existence d’une brouille entre, d’une part, Collectif 2016 soutenu par la famille, et d’autre part, la veuve Rossy, au sujet du bénéficiaire de la somme.

Contactée début mars, Thania Lingosa dit ne pas souhaiter s’inscrire dans une « logique de polémiques ». L’histoire est dite. Il eut donc de polémiques. Et c’est le conseiller au Collectif 2016, notre interlocuteur, qui éclaircit : « la veuve de Rossy n’a reçu que très peu d’argent… Mais la famille Tshimanga garde rancune… ».

Actuellement, monsieur Arsène Lupin Tshimeze Tshimanga prévoit la création d’une structure dénommée « Les amis de Rossy“, où il cumulerait le poste de président. Objectif, initié une pétition en vue de pousser les nouvelles autorités congolaises  à enclencher, au bénéfice de la famille Tshimanga, une procédure de « réparation extrajudiciaire ». En d’autres termes, contourner la justice au nom de… la pécune. Et la lutte citoyenne ? Et la place de l’éthique ?

Les dénonciations d’un des conseillers du mouvement citoyen Collectif 2016, la polémique autour du fonds collecté pour les funérailles de Rossy, la préparation d’une pétition pour obtenir « une réparation extrajudiciaire »… concourent pour une possible glissade vers la marchandisation du sort de Rossy Mukendi.

 

Tony-Antoine Dibendila

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