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RDC : De retour à Kinshasa, Fayulu morigène la « fragile » coalition FCC-CACH

RDC : De retour à Kinshasa, Fayulu morigène la « fragile » coalition FCC-CACH

Quand le vœu du pouvoir total se heurte à la contrainte du partage.

24 avril; le Congo assiste, ému, à la première passation pacifique et harmonieuse du pouvoir. Le palais de la nation est, depuis qu’il faisait office des bureaux de l’ancien président Kabila, ouvert pour la première fois aux congolais ordinaires : symbole apparent de concorde entre l’élite politique et les masses populaires miséreuses. Cette cérémonie venait à la fois mettre au centre, le débat sur le détenteur réel du pouvoir entre Tshisekedi et Kabila, d’une part, et signer, d’autre part, l’avènement d’une opposition dont Martin Fayulu mène la danse. De retour à Kinshasa, dimanche 28 avril, ce dernier demande à Tshisekedi de « démissionner ».

 

« Il ne peut y avoir deux tigres sur la même colline », disait l’homme politique chinois Deng Xiaoping.

 

La sortie de Joseph Kabila de la présidence, tout en gardant dans son giron le parlement et les gestions de la majorité de provinces, doit être considéré comme un abandon graduel et en douceur du pouvoir ou carrément un désir de la gestion « éternelle » de la République ?

L’entrée de Felix Tshisekedi à la présidence, doit-elle être prise comme celle d’un ancien opposant soucieux de goûter aux délices des honneurs présidentiels quoi qu’une sérieuse part du pouvoir échappe, ou plutôt le début d’une conquête qui devra aboutir au control complet des institutions ?

 

C’est ici toute la raison de confronter deux concepts. L’un, défendu publiquement depuis 2015 par Felix Tshisekedi, « l’Imperium »; l’autre, observé dans les actes politiques de Joseph Kabila et si bien détaillé par Roger-Claude Liwanga, chercheur à Havard, dans une tribune parue en mars dernier chez Jeune Afrique, « la tactique du salami ».

 

L’Imperium désigne tout simplement « le pouvoir absolu », dire autrement, l’influence totale sur le gouvernement, l’armée, la justice, le parlement…

La tactique du salami, elle, n’est rien d’autre que l’élimination progressive des forces qui s’opposent à vous, l’une après l’autre, jusqu’à ce qu’elles n’existent plus. C’est Mátyás Rákosi, chef du Parti communiste hongrois, qui l’a inventé après la seconde guerre mondiale.

 

Tshisekedi se veut militant de l’Imperium, Kabila va dans le sens de la tactique du salami. Le premier veut tout assujettir suivant son statut de président de la République. Le second a cédé- le choix du decrescendo pour l’instant -, une partie du pouvoir pour d’abord ne pas conduire les siens (sa plateforme politique le Front commun pour le Congo) « au suicide collectif », et peut-être ensuite rebondir- le crescendo – et tirer vers sa cause les derniers résistants, ceux-là qui n’ont pas trouvé réel gain selon leur entendement, après les élections du 30 décembre 2018 : Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Martin Fayulu…

 

Les deux camps s’affrontent par concepts interposés, deux convictions enracinées. Le fils Tshisekedi et sa bande veulent tout conquérir, le fils Kabila et la sienne engrainent pour tout avoir : la coalition du Front commun pour le Congo(FCC) de Joseph Kabila et le Cap pour le changement(Cach) de Félix Tshisekedi ne peut qu’être légère à cet égard, pis, pourrait à tout moment se verser dans une cohabitation frontale dangereuse pour l’équilibre socio-politique de ce vaste pays d’Afrique centrale.

 

FCC-CACH, faites votre choix

 

La carte politique jouée par l’unique ancien président congolais en vie, Joseph Kabila, qui a abouti à son retrait de la présidence, relève d’une intelligence politique rare – personne n’a vu venir le coup : ni l’Occident, moins encore l’Union africaine. Sa position actuelle lui permet de jouer sa partition sur la marche des institutions congolaises. Dommage qu’il ne saura, peut-être jamais, ce qui se concocte dans la parcelle de la souveraineté du président, tant qu’il existe au Congo ce qu’on appelle « le pouvoir discrétionnaire du chef de l’État ».

 

De même que les congolais ordinaires ne sauront jamais le contenu de l’accord, s’il existe réellement, qui aurait emmené

Fatshi (la populaire contraction du nom complet du président congolais) au sommet de l’État, tel que l’affirme son ami du hier qui se veut son farouche opposant aujourd’hui, Martin Fayulu, lors de son dernier meeting à Kinshasa : « je vous ai dit que vous êtes plus forts que les armes. Les amis soudanais et algériens n’ont pas eu recours aux armes. Maintenant, je suis de retour. Nous allons nous attendre pour dire à Felix Tshisekedi de démissionner… Il doit nous révéler le contenu de l’accord scellé avec Kabila ».

 

Dans le duel FCC-CaCh, il résulte une évidence : un de deux camps verra l’échine courber… Faites  votre Choix.

 

Tony-Antoine Dibendila

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