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RDC : 30 ans de réclusion criminelle, qui est le chef de guerre Bosco Ntaganda

RDC : 30 ans de réclusion criminelle, qui est le chef de guerre Bosco Ntaganda

L’ex chef de guerre Bosco Ntaganda vient d’être condamné à 30 ans de prison par la Cour pénale internationale, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, ce jeudi 07 novembre. Soixante-dix meurtres, viols, esclavages sexuels, sont les quelques-unes des accusations retenues contre lui. Qui est ce natif du Rwanda ayant choisi la République démocratique du Congo comme sa zone d’opérations macabres.

Lors de ce procès qui a conduit à sa condamnation, les avocats de cet ancien officier ont présenté quelques circonstances atténuantes à la Cour, évoquant le fait qu’il a été traumatisé par le génocide rwandais, il y était à l’époque. Des arguments rejetés par les juges qui ont estimé que la cruauté avec laquelle les crimes ont été commis sont injustifiables : ils faisaient face à l’un des pires criminels que la Région des Grands Lacs a connu ces vingt dernières années.

Né dans l’ouest du Rwanda en 1973, Bosco Ntaganda a commencé par être combattant de l’Armée patriotique rwandais(APR), une milice liée à la formation politique Front patriotique rwandais(FPR) qui a conduit Paul Kagame au pouvoir dans le Rwanda voisin. Il est entré en RDC avec les troupes du Rassemblement Congolais pour la Démocratie(RCD), un mouvement rebelle qui a combattu le défunt président congolais Laurent-Désiré Kabila vers la fin des années 90. Il intègre l’armée congolaise suite à un brassage effectué avec les rebelles et devenu général de l’armée de la RDC. Le contexte est celui de la meurtrière deuxième guerre du Congo.

Participant ensuite à quasiment toutes les rébellions dans l’est congolais. Entre 2002 et 2003 en Ituri, ses troupes de FPLC, une milice active dans cette province du nord-est du pays aux débuts des années 2000, ont massacré de milliers de personnes au cours des affrontements inter-ethniques.

Poursuivi par la suite pour des meurtres – que les juges disent difficiles à calculer -, des viols, des pillages, et l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans, Bosco Ntaganda s’est rendu à l’ambassade des États-Unis à Kigali en 2013, alors qu’il dirigeait une partie des rebelles du M23. Remis entre les mains de la CPI, il a toujours plaidé non coupable.

Les trente années qu’il écope ce jeudi, est l’aboutissement d’une particulière odyssée juridique, un soulagement pour les victimes et un message pour tous les chefs rebelles qui ont endeuillé le Congo ces vingt dernières années. Ntaganda passera donc 24 ans (il a déjà consommé 6 années) derrière les barreaux, si son appel est rejeté par les juges.

 

Tony-Antoine Dibendila

 

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